Si j’achète et range « L’attrape cœur » de J. D. Salinger dans ma bibliothèque, que va-t-il m’arriver ? Ce livre fera-t-il de moi un assassin ? Et si je fais éditer un roman que l’on retrouve par la suite chez plusieurs criminels différents, serais-je considéré comme un manipulateur ? Ou bien deviendrai-je célèbre ? Pourquoi Salinger a-t-il fini sa vie en Hermite, retiré du monde ? Son livre lui aurait-il porté malheur ? Et mes romans pourraient-ils avoir une telle influence sur ma vie ?

Ce mois-ci, j’ai le privilège d’accueillir, d’exposer un oeuvre de Connu au studio, à Montfort-sur-Meu. Cette oeuvre présente plusieurs particularités. Elle est réalisée à l’huile sur support en bois de pain brut. Elle représente 2 silhouettes de femmes africaines, vues de dos. La couleur dominante est le beige. L’originalité de cette oeuvre est qu’elle peut se scinder en 2 parties. Soit l’acquéreur les expose côte-à-côte, collées l’une à l’autre, soit légèrement séparées, soit carrément sur deux murs différents. Dans tous les cas, une fois rassemblées, elles forment une scène unique, un paysage unique. Cette peinture appelée simplement « Les deux africaines » fait partie d’une série sur le même thème et le même style. L’artiste expose et peint depuis plusieurs années et reste très discret sur sa biographie et l’ensemble de son travail. Pas de site internet ni de pages facebook ou autre présence sur les réseaux sociaux. D’où mon intérêt pour ce personnage discret mais talentueux. Sa devise à laquelle j’adhère totalement, est basée sur une déclaration de Jean Dubuffet: « Le vrai art est toujours là où on ne l’attend pas. Là où personne ne pense à lui ni ne prononce son nom. L’art déteste être reconnu et salué par son nom. Il se sauve aussitôt ». Sous entendu, je ne dois pas vouloir en savoir trop sur lui, c’est la certitude de ne plus l’exposer. Connu me confie à titre exceptionnel ce double tableau en vente au prix de 65 € (Dimensions: environ 40X40 cm pour l’oeuvre assemblée). Peut-être aurais-je le privilège d’en exposer d’autres, peut-être pas.

Je suis en train de dévorer un nouveau roman : « Les visages » de Jesse Kellerman. Je me régale ! Pour l’anecdote, j’ai découvert ce roman et son auteur, ce dimanche dans une petite librairie de Saint-Cast. On se promenait en famille, l’ambiance paisible du bord de mer et la douce température de ce début d’automne 2017 me relaxait l’esprit et les sens. Nous entamions la rue pietonne »du Duc d’Aiguillon » quand je me suis arrêté devant l’étalage de la discrète librairie « Albert-Etienne » . Le roman de 470 page intitulé « Les visage » a arrêté mon regard. Mon métier de photographe portraitiste aiguise mon appétit sur tout ce qui se rapporte au sujet. Cet auteur talentueux Jesse Kellerman, dans son écriture remarquable, ménage la tension dès les premières pages de son roman. Mais qui est donc cet « artiste » disparu depuis trois mois de son appartement miteux de New-York ? Jesse Kellerman parsème son récit de références artistiques qui me permette d’ouvrir mon horizon, comme le photographe Weegee , l’artiste Robert CrumbJeff Koons, et autres Robert Smithson.