Parler de moi, c’est rare quand ça m’arrive. A dire vrai, je n’aime pas vraiment cela, encore moins « sur les ondes ». Invitaté de « Fréquence 8 » au mois de janvier, je me suis tout de même prêté au jeu du « question-réponse ». Je préfère écouter les autres me parler d’eux, je trouve cela plus instructif. Une oreille attentive peut faire beaucoup de bien, c’est pour cela que je préfère écouter. Il m’arrive souvent de recevoir au studio des personnes que je connais plus ou moins, voir pas du tout et de les écouter parler de leurs joies ou de leurs peines. Prendre du temps pour écouter c’est à mon avis indispensable, surtout aujourd’hui. Ça peut même sauver des vies ! Même UNE vie, cela me ferait déjà plaisir. Et en toute modestie, je suis certain d’avoir pu sauver au moins UNE vie, à force de passer du temps à écouter les autres.  La maison est le premier endroit où l’on devrait s’écouter, c’est pour cela que je déteste manger en regardant la télé. Bon appétit !

Si j’achète et range « L’attrape cœur » de J. D. Salinger dans ma bibliothèque, que va-t-il m’arriver ? Ce livre fera-t-il de moi un assassin ? Et si je fais éditer un roman que l’on retrouve par la suite chez plusieurs criminels différents, serais-je considéré comme un manipulateur ? Ou bien deviendrai-je célèbre ? Pourquoi Salinger a-t-il fini sa vie en Hermite, retiré du monde ? Son livre lui aurait-il porté malheur ? Et mes romans pourraient-ils avoir une telle influence sur ma vie ?

Ce mois-ci, j’ai le privilège d’accueillir, d’exposer un oeuvre de Connu au studio, à Montfort-sur-Meu. Cette oeuvre présente plusieurs particularités. Elle est réalisée à l’huile sur support en bois de pain brut. Elle représente 2 silhouettes de femmes africaines, vues de dos. La couleur dominante est le beige. L’originalité de cette oeuvre est qu’elle peut se scinder en 2 parties. Soit l’acquéreur les expose côte-à-côte, collées l’une à l’autre, soit légèrement séparées, soit carrément sur deux murs différents. Dans tous les cas, une fois rassemblées, elles forment une scène unique, un paysage unique. Cette peinture appelée simplement « Les deux africaines » fait partie d’une série sur le même thème et le même style. L’artiste expose et peint depuis plusieurs années et reste très discret sur sa biographie et l’ensemble de son travail. Pas de site internet ni de pages facebook ou autre présence sur les réseaux sociaux. D’où mon intérêt pour ce personnage discret mais talentueux. Sa devise à laquelle j’adhère totalement, est basée sur une déclaration de Jean Dubuffet: « Le vrai art est toujours là où on ne l’attend pas. Là où personne ne pense à lui ni ne prononce son nom. L’art déteste être reconnu et salué par son nom. Il se sauve aussitôt ». Sous entendu, je ne dois pas vouloir en savoir trop sur lui, c’est la certitude de ne plus l’exposer. Connu me confie à titre exceptionnel ce double tableau en vente au prix de 65 € (Dimensions: environ 40X40 cm pour l’oeuvre assemblée). Peut-être aurais-je le privilège d’en exposer d’autres, peut-être pas.