Dans le cadre d’un devoir à l’école, ma fille, 11 ans, a rédigé le conte reproduit ci-dessous:

 

“Félix et la fleur bleue”

Il était une fois, il y a longtemps de ça, un petit garçon prénommé Félix.
Félix était très mûr pour son âge, et cela depuis sa plus tendre enfance. Et pourtant, la vie n’avait pas été facile pour lui. Son père était mort lorsqu’il avait 5 ans. Depuis, sa mère, sa petite sœur Charlotte et lui croulaient sous les dettes. Sa mère changeait fréquemment de travail et ils avaient à peine de quoi manger. Félix passait ses journées à bricoler avec ce qu’il trouvait dans la rue. Puis il se rendait sur la place de l’église pour essayer de tirer quelques pièces de son dur travail. La plupart du temps, les gens fuyaient en voyant ce gamin sale et mal habillé. Mais Félix ne perdait pas espoir et continuait chaque jour d’essayer de trouver de quoi nourrir sa famille qu’il chérissait tant. Ce soir-là, en rentrant chez lui, la joie se lisait sur son visage ; il avait réussi à retirer 4 pièces de sa dernière construction. Pourtant, en poussant la porte de la vieille pièce qui leur servait de « maison », il sentit bien que quelque chose n’allait pas.

Une fois que ses yeux se furent habitués à l’obscurité (pas assez d’argent pour payer l’électricité), il aperçut sa mère allongée sur une vieille couverture, sa petite sœur à ses côtés. « Elle a de la fièvre !, lui indiqua celle-ci, et ceci depuis plusieurs jours maintenant ! Je m’inquiète vraiment. Peut-être faudrait-il prévenir un médecin ? » Félix s’approcha. En effet, le front de sa mère était brûlant, et celle-ci gémissait doucement. Félix se releva, déposa ses maigres pièces dans la boîte prévue à cet effet et réfléchit un instant. « On verra demain si elle se sent mieux, décida-t-il. Sinon, j’ai entendu parler d’un médicament qu’on trouve au pied de la montagne, de l’autre côté de la forêt. C’est une fleur bleue qui agit sur les fortes fièvres, comme celle-ci, et apparemment, elle fait des merveilles. » Sa petite sœur opina de la tête et courut chercher une nouvelle compresse d’eau fraîche à mettre sur le front
luisant de sa mère. Cette nuit-là, Félix dormit très mal. Il ne voulait pas perdre à nouveau un être à qui il devait la vie. Sa décision était prise : si sa mère n’allait pas mieux demain, il partirait à la recherche de cette fleur.

Le lendemain, sa mère n’allant pas mieux et la fièvre ayant redoublé de force, Félix commença à préparer son voyage. Il réunit leurs maigres économies et emprunta quelques pièces, puis rangea quelques affaires dans un sac en toile. Lorsqu’il estima que ses bagages étaient prêts, il recommanda à sa petite Charlotte de bien s’occuper de leur mère pendant son absence. Ils s’embrassèrent et Félix partit.

Il marcha de longues heures sous le soleil brûlant de l’été qui commençait à arriver. Le lendemain matin, après une nuit agitée et entrecoupée par les divers bruits inquiétants de la forêt dans laquelle il se trouvait, Félix fut réveillé par des craquements réguliers. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il découvrit avec stupeur un loup, qui se tenait à quelques mètres seulement de lui. Celui-ci était d’une laideur effroyable et d’une saleté à vous rendre malade ! Son œil en moins lui donnait un air de cyclope tandis que son vieux pelage gris rappelait à Félix le vieux manteau en loden que son père portait avant sa mort. Mais ce que Félix ne savait pas, c’était que son père avait été tué par le loup qui se tenait précisément en face de lui… Lorsque celui-ci partit en courant, Félix se releva et poursuivit son voyage, bien décidé à traverser la forêt avant la fin de la journée. Après 4 heures de marche intense, il commença à sentir la faim. Il ouvrit son sac de toile et découvrit avec surprise qu’il ne lui restait plus que quelques miettes de pain rassis, son maigre pique-nique avait été mangé ! « Sans doute par cet affreux loup », pensa-t-il. Félix commença alors à douter que son voyage était une bonne idée. Peut-être ne trouverait-il même pas la fleur, et qu’il mourrait de faim et de soif dans cette immense forêt. Sentant les larmes lui monter aux yeux, Félix rassembla les quelques forces qui lui restaient et chassa ces sombres pensées de son esprit.

De nombreux jours passèrent, semblables à celui-ci. Félix était de plus en plus faible. Il buvait lorsqu’il trouvait un peu d’eau. Mais malgré les terribles conditions de son voyage, il ne se décourageait pas. « Fais-le pour maman et pour Charlotte », se répétait-il sans cesse. Et puis, par une matinée ensoleillée où Félix se sentait particulièrement faible, il aperçut enfin la fin de la forêt, et la montagne, un peu plus loin. Une vague de courage l’envahit
soudainement, et il commença à marcher plus rapidement. Lorsque le soleil se coucha ce soir-là, Félix était arrivé au pied de la montagne. Il monta dans un arbre et s’endormit au creux d’une branche.

Le lendemain, il se réveilla courbaturé de partout, et grimaça en s’extirpant de son arbre. Au pied de celui-ci, il découvrit une légère flûte de bois calée entre deux racines. Il l’extirpa de sa cachette et commença à en jouer. A cet instant précis, une petite fée apparut. Félix ouvrit de grands yeux tandis qu’elle se présentait : « Je suis la fée Léa, et je suis là pour aider les personnes vers qui on m’envoie. Il te suffit de jouer de cette flûte pour que j’apparaisse et t’aide à résoudre ton problème. Garde-la précieusement, elle te sera sans doute utile. » Elle lui adressa un clin d’œil et disparut dans un nuage de paillettes dorées. Félix rangea la flûte dans son sac puis se ravisa et la garda en main pour ne pas se la faire voler. Puis il revint à sa montagne et entreprit d’en faire le tour pour trouver la fleur. Au milieu de la journée, il aperçut enfin un champ coloré. Il s’approcha et découvrit de nombreuses fleurs. Violettes, bleues, dorées, roses, rouges… Un véritable champ de couleurs ! « Comment savoir laquelle est celle qui va guérir ma mère ? » se demanda-t-il. Puis
son regard fut attiré vers une fleur d’une beauté exceptionnelle, à l’écart des autres. Deux arbres croisaient leurs branches au-dessus de cette fleur. Un ogre se tenait près de ce spectacle grandiose et tendait un bras vers la fleur. Félix courut, l’ogre se tourna vers lui et lui sourit de toutes ses dents. « Alors, mon vieux, on veut guérir sa maman chérie ? Tu vois, je te connais bien. Tu ressembles d’ailleurs beaucoup à ton père, tu sais ? Ah, ton cher père…
Un homme bon, mais pas assez fort face à Louis, pas vrai, Louis ? » Le loup qui avait mangé le pique-nique de Félix se tenait à l’écart. Félix serra fort la flûte, qui se tenait toujours dans sa main et entreprit d’en jouer. Il ferma les yeux et se laissa transporter par la musique. Lorsqu’il rouvrit les yeux de longues minutes plus tard, le loup et l’ogre avaient disparu et la fée se tenait devant Félix, la fleur bleue entre ses mains. « Tiens ! », lui dit-elle timidement. Félix prit la fleur, les mains tremblantes. « Merci. Je ne vous remercierai jamais assez, Léa ! » Puis il lui expliqua la situation, qu’il devait rentrer chez lui mais que le voyage était
long. La fée lui ordonna de fermer les yeux, ce qu’il fit. Quand il les rouvrit, il se tenait devant chez lui.

Grâce à cette fleur, la mère de Félix put se remettre de sa terrible fièvre. Elle fut ensuite embauchée chez une gentille famille, qui lui donna assez d’argent pour rembourser les factures. Elle acheta ensuite une petite maison dans le village et de beaux habits pour chacun d’eux. Ils vécurent ensuite heureux tous les trois. Grâce à la fleur bleue. ”